Visiter les grottes de Nok et son village

Visiter le village et les grottes de Nok

Les grottes de Nok se trouvent dans le Nord du Togo, tout en haut de la seule falaise de cette région qui domine toute la savane environnante sur des dizaines kilomètres.

Le site qui était totalement invisible vue d’au dessus, servait à se protéger des ennemis en donnant l’alerte au village juste au dessus, les villageois descendaient tous avec leurs provisions pour les stocker dans les greniers des grottes, et pouvaient vivre ainsi pendant des semaines si c’était nécessaire.

Visiter les grottes de Nok et son village

C’est en haut de cette falaise, sur un parking désert où seule ma voiture est garée, que je rencontre Koulbeme. C’est lui qui gère et fait visiter le site inscrit au patrimoine de l’Unesco. Le droit d’entrée est de 2000 CFA tandis que Koulbeme ne demande rien ne précis pour vous guider, vous lui donnez ce que vous voulez.

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Visite des grottes

On descend au niveau des grottes à l’aide d’un vieil escalier en métal un peu tremblant qui mène à la vire où se trouvent les grottes et les greniers.

A l’époque les habitants descendaient uniquement à l’aide des racines d’arbres comme Koulbeme le fait encore aujourd’hui.

Visiter les grottes de Nok et son village

Une fois les pieds bien à terre sur ce chemin finalement très peu dangereux malgré son altitude, je me balade le long de la falaise, observant et découvrant chacun des greniers du 17-19ème siècles qui peuplent la grotte.

On compte ici 134 greniers, certains sont très impressionnants par leurs tailles mais aussi par l’énorme travail manuel qui s’en dégage.

Koulbeme me fait signe de rentrer à l’intérieur des grottes où je découvre encore un bon nombre de greniers différents, bien à l’abri du soleil et de la pluie. C’est à l’intérieur de ces grottes que dormaient les villageois en fonction de leurs hiérarchies.

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Je découvre aussi une toute petite fontaine à eau qui suinte de la roche, où les abeilles prennent plaisir à voler et se rassasier. C’était évidemment un énorme avantage pour ces populations lorsqu’elles étaient coincées ici pendant un siège du village.

Visite du village de Nok

Le village de Nok n’est pas vraiment une attraction touristique, c’est Koulbeme qui a voulu me le faire visiter pour me faire découvrir son village et me montrer les problèmes qui y sévissent.

C’était donc une visite à la fois motivé par la fierté de Koulbeme de me faire découvrir son village, mais aussi motivé par un esprit de solidarité, afin de me faire prendre conscience du niveau de vie de ses habitants et indirectement de les aider.

Visiter les grottes de Nok et son village

J’ai tout d’abord été surpris par la beauté du village de Nok, très loin de ce que j’attendrais d’un village qui vit grâce au tourisme d’un site Unesco.

Enfaite Unesco reverse uniquement une part du prix d’entrée des grottes au village, mais il n’existe rien dans le village même qui profite du tourisme, le tourisme est plutôt rare par ici.

Nok est un tout petit village de savane très typique de la région où les habitants sont toujours heureux d’accueillir des touristes venant d’ailleurs.

Notre première direction fût la pompe à eau à une dizaine de minutes à pieds du village, dans une descente que je n’aimerais pas remonter une fois chargé d’eau.

Au bout du chemin on trouve 2 pompes à eau dans un coin faisant penser à un petit oasis perdu dans une immense savane.

Mais une seule pompe est occupé par beaucoup de femmes dont l’âge varie entre 20 et 70 ans, assises dans le peu d’ombre qu’offre la pompe.

Comme Koulbeme me l’explique, la deuxième ne fonctionne pas à cause d’une seule pièce en cause, mais qui est introuvable par ici et dont la réparation est impossible sans équipement adéquat. C’est là un gros problème des pompes à eau construites par les associations, elles ne marchent qu’un temps et au premier problème technique elles sont irréparables pour les villageois.

Koulbeme m’a aussi montré la résistance de la pompe, elle demande beaucoup de force pour remplir l’équivalent d’un verre d’eau. Et à en voir la grandeur de leurs bassines, ces femmes vont en avoir pour un bout de temps avant de remplir leurs bassines et faire passer quelqu’un d’autre. Ce n’est pas étonnant que beaucoup de ces femmes sont déjà là depuis plusieurs heures.

Le plus impressionnant c’est que parmi ces femmes beaucoup sont âgées, car ce sont elles qui ont le temps quand les adultes travaillent et les enfants étudient.

C’est incroyable de se dire qu’elles viennent ici, patientent pendant plusieurs heures, pompent jusqu’à remplir leurs bassines et rentrent chez elles tout en portant toute l’eau récoltée sur la tête.

Et Koulbeme n’est pas dupe, il sait très bien que le fonctionnement de la deuxième pompe pourrait énormément aider le village en divisant par 2 le temps nécessaire pour récolter de l’eau et ainsi avoir plus de temps pour travailler ou aider la famille.

En plus de ça il m’explique qu’en saison des pluies, certaines familles fatiguées de devoir aller chercher l’eau là bas, se contentent de ramasser l’eau dans des puits naturels créés par de grands trous dans la terre. Et que bien souvent elles souffrent de mal d’estomac et de problèmes de santé à cause de ça.

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Après cette vision du village un petit peu dure à encaisser, il me guide vers le collège du village, fabriqué à l’aide de bouts de bois et de feuilles de palmiers.

Je n’avais encore jamais vu ça et c’est dans ces moments qu’on comprend l’importance de l’éducation pour les familles de ce village, qui ont tout fait malgré leurs moyens pour construire un collège de fortune pour leurs enfants et y faire venir des enseignants.

Mais malgré ce qu’on peut penser, le village de Nok a de la chance, il dispose au moins d’un collège et d’une école primaire ce qui est loin d’être le cas des nombreux villages du Nord du Togo où je suis passé.

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Et puis la bonne nouvelle c’est qu’un nouveau collège est en construction, et bien en dur cette fois ci !

J’ai vu beaucoup de femmes autour de moi transporter des pierres, parfois même avec un bébé dans le dos. Ces pierres elles les déposent sur des tas que les hommes utilisent pour monter des murs avec un peu de ciment.

C’est ici que Koulbeme et moi on s’arrête pour manger l’équivalent d’un Banku au Bénin (la pâte blanche), parce que je lui avais raconté que j’avais adoré ça au Ghana !

C’est donc près de ce collège que tout naturellement une femme fait à manger à même le sol pour les travailleurs, je ne me souviens plus du prix que j’ai payé pour ce petit Banku partagé avec Koulbeme mais c’était bien moins cher que dans un boui-boui. Dans les bouis-bouis je paye ces plats moins d’1€ et là j’ai dû payer la moitié ou le tiers. Ces femmes qui cuisinent à l’arrache pour pas cher là où les hommes travaillent leurs permets de pouvoir manger pour pas cher pendant leurs pauses.

Visiter les grottes de Nok et son village

Puis la visite se termine à l’école primaire de Nok où tous les enfants sont sortis pendant la récré. L’école fût financée par une association dirigé par un couple de voyageurs, elle est équipée de panneaux solaires, de toilettes, de grandes salles de classes avec un grand tableau.

Mais encore une fois on tombe sur un problème technique, un orage à abîmé un panneau solaire qui ne marche plus, ce qui empêchent d’éclairer certaines salles de classes.

 

Et voilà la source du problème, on aura beau aider ces populations avec beaucoup de matériels, de technologies ou de main d’œuvre, tant qu’elles ne seront pas indépendantes financièrement, elles ne pourront pas garder ce que nous leurs offrons sans suivi de nôtre part. Et la lutte pour cette indépendance financière est bien plus dure à gagner que la lutte contre la soif ou la faim puisqu’elle dépend en grande partie de l’état.

Mais ce n’est pas non plus une raison pour ne pas aider, chaque puit, chaque école, chaque matériel solaire construit, soulage énormément la population, leurs offrant plus de temps pour éduquer ou travailler. Malgré que Koulbeme tente de me faire réaliser la situation actuelle, il a toujours été reconnaissant comme tous les villageois, de l’aide apporté par les touristes.

Et je pense que Koulbeme est la preuve que certaines aides peuvent changer les choses, en effet c’est grâce à l’éducation que Koulbeme gère l’héritage du village et se bat pour défendre le confort de vie de ses habitants.

Après avoir beaucoup réfléchis à ce sujet, je pense que pour le futur, l’éducation est la plus grande aide qu’on puisse apporter à ces villages. Parce que plus les dirigeants de ces pays viendront de milieux défavorisés grâce au développement de l’éducation, plus les décisions prises par le gouvernement auront tendances à aider ces milieux.

Soigné du Paludisme

C’est aussi sur ces montagnes, à côté du village de Nok que je me suis garé pour dormir face à cette immense vue, bien que gâchée par un épais brouillard.

C’est ce soir là que j’ai fais mon test de Paludisme, 2 semaines après l’avoir attrapé pour la deuxième fois au Ghana. Pour la première depuis que je suis parti le test est négatif, prouvant que le parasite a bien été éradiqué !

Un grand soulagement pour moi malgré que les médecins étaient certains qu’ils seraient négatifs, ils préconisent de faire un deuxième test après le traitement au cas où. Mais on m’a tellement répété à tort que le Paludisme c’est pour la vie, que j’étais stressé de n’avoir jamais vu de test négatifs encore.

Ce soir là j’avais bien la preuve que mon corp ne contenait plus de parasite, et pour célébrer j’ai acheté une bière locale, que j’ai savouré avec plaisir au dessus des grottes de Nok.

Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !

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