Visiter Accra différemment

Visiter Accra avec le cœur bien accroché

Je vais être franc, je n’ai pas beaucoup aimé Accra. C’est à voir évidemment, c’est indéniable, mais c’est probablement la grande ville Africaine que j’ai trouvé la plus dure à visiter.

Donc si vous comptez y passer, je vous recommande d’y aller le cœur bien accroché ! Sauf si vous y allez dans un tour touristique, je pense qu’on saura vous faire éviter les pires aspects de la ville, mais dans ce cas je vois peu d’intérêt à visiter Accra.

Jamestown

Jamestown est le quartier le plus vieux de la ville, c’est de là qu’est parti l’extension de la ville qui n’était au départ qu’un village de pêcheur dont le phare, construit par les Anglais, permettait de signaler sa localisation.

Aujourd’hui Jamestown est un quartier très pauvre où les pêcheurs vivent dans des bidonvilles, faisant leurs besoin sur la place et se lavant dans l’eau de l’océan. Ce même océan pollué directement par les usines qui rejettent leurs déchets dans la rivière Korle qui se jette dedans.

C’est ici que commence ma visite d’Accra, j’ai simplement suivi mon instinct et c’est la première image que j’ai eu de la ville.

J’ai suivi cette eau noire jusqu’aux portes de l’océan où les pêcheurs amarrent leurs bateaux et vivent la plupart du temps.

Certaines familles vivent à plusieurs sous un bateau, abrités par une simple bâche.

Chaque mètre parcouru le long de cette rivière noire m’horrifiais toujours plus, mais je ne me doutais pas de ce que je verrais une fois arrivé sur la plage : une vue bien dégagé sur le vrai visage de Jamestown.

Et je commence à me faire une raison, c’est bien là que je me rend.

Visiter Accra avec le cœur bien accroché

C’est là que je rencontre un homme allongé dans le sable, avec des tonnes de détritus devant lui, j’ai très vite compris que c’était pour potentiellement les vendre et que c’était son seul moyen de se faire de l’argent par ici.

C’était pourtant un homme avec un grand sourire qui traduisait sa simplicité, et sa façon de joindre ses mains montrait qu’il avait toujours gardé la foi.

Avant d’aller me garer au phare de Jamestown je récupère ma voiture sur le bord de la route où les locaux ont éparpillés de tout petits poissons pour les faire sécher.

Le phare de Jamestown

Je me gare directement au pied du phare et je descend sur la plage pour voir de plus près ce que j’avais cru voir depuis la rivière.

C’était pire que ce que j’avais imaginé, le sable auparavant jaune est devenu noire dû à la pollution environnante, des nuages toxiques couvrent le quartier, la pauvreté de ce quartier se fait directement ressentir dans les habitudes quotidiennes de ses habitants.

Visiter Accra différemment

En longeant la plage de sable au bord de la mer je ne peux éviter de croiser des femmes, des hommes, des enfants faire leurs besoin dans le sable, du plus petit au plus gros besoin.

En Afrique faire ses besoins dehors n’est pas un problème, c’est le cas pour beaucoup de village qui ont la place nécessaire pour que ça reste assez hygiénique, mais là on parle d’un petit banc de sable qu’un quartier entier utilise comme latrine.

Voilà un bout du bidonville du quartier :

Le bidonville de Jamestown à Accra

J’ai longuement hésité à m’y rendre, je voulais capturer cette face de la ville qui visiblement passe inaperçu quand on parle de visiter Accra. Pourtant j’ai croisé beaucoup de touristes autour du fort avec un guide attitré, ils ont vu tout ça eux aussi, mais je pense qu’ils préfèrent ne pas en parler.

J’ai pris mon courage à 2 mains et je m’y suis rendu, j’ai fais quelques photos avant que 3 hommes dans un bar improvisé dans le bidonville ne m’abordent, ils voulaient que je les payent pour faire des photos, ce n’est pas rare qu’on demande ça en Afrique, c’est un moyen pour certains jeunes d’essayer de prendre de l’argent aux touristes. Ceux là étaient deux jeunes un peu alcoolisé et un homme plus âgé, visiblement plus sage.

Les jeunes me demandent de leurs donner l’équivalent de 200€ pour faire des photos, ils ne se rendent pas vraiment compte de ce qu’ils demandent, ils demandent juste une somme astronomique parce qu’ils considèrent que ce n’est rien pour nous mais c’est tout pour eux.

Ils me menacent de prendre l’appareil photo, mais ce n’est pas la première fois qu’on me menace de ça, c’est toujours un peu de bluff pour faire peur aux touristes mais ça n’arrivera pas. Je prends mon temps pour discuter avec eux, leur expliquer ce que je viens faire ect…

Les jeunes insistent tandis que l’homme plus âgé me comprend petit à petit, finalement j’arrête de discuter avec les jeunes et je discute avec l’homme plus âgé, les jeunes continuent de parler, de plus en plus fort mais ils ne peuvent pas le prendre mal que je les ignorent pour parler au plus âgé. En Afrique le doyen d’un groupe est le plus respecté et c’est normal que ce soit à lui que je parle.

On discute un peu ensemble et il me laisse partir, bien que personne m’empêchait réellement de partir, je préférais mettre les choses aux clairs et discuter avec les personnes que ça dérangeaient visiblement.

James fort à Jamestown

Un peu plus loin en longeant l’océan il y a le fort de James, un fort construit en 1673 par les anglais pour le trafic d’or et d’esclaves, puis il servit de prison pendant la colonisation anglaise.

Encore plus loin on peut trouver des bâtiments dominants Accra Point, c’est l’endroit où l’on trouve tous les pêcheurs dans un village improvisé au bord de l’eau où les bateaux sortis de l’eau prennent plus de la moitié de la place. Depuis le bâtiment on peut avoir une vue sur tout ça.

Mais on a aussi la vue sur les bâtiments perchés au bord de la mer qui jettent leurs détritus directement sur la plage pour être parfois brulés ou laissés là.

Aussi improbable que ça puisse paraitre, un resort, restaurant et bar se tient juste là, avec sa terrasse propre remplis de tables et chaises multicolores, au milieu des déchets et des feux de poubelles inhérents au quartier.

Je trouve que cette photo représente parfaitement une visite à Accra, c’est à dire la propreté, la beauté des lieux et activités touristiques, face aux vraies conditions de vies des locaux, le manque de service public et d’hygiène de ces quartiers.

2 mondes totalement différent se font face, vivent dans le même quartier, mais sans jamais vraiment vivre ensemble.

Visiter Accra différemment

Makola Market

Le marché de Makola est le plus connu et le plus grand d’Accra, on y trouve énormément de choses et beaucoup de mondes y circulent jusqu’à en empêcher parfois la circulation sur l’avenue.

J’ai réussi à trouver un bâtiment assez haut pour pouvoir faire quelques photos de ce marché si coloré.

Makola market in Accra

Sur le retour un homme vendant des Jeans par terre m’interpelle et discute avec moi, il est très heureux de me rencontrer et me souhaite la bienvenue. Pendant un moment je pensais qu’il tenterait de me vendre un Jean mais absolument pas, on a juste discuté quelques minutes avant de se dire à la prochaine, avec un peu de chance !

Un homme très accueillant et très simple qui m’a marqué par son sourire et son attitude authentique.

Le marché de Makola à Accra

En tentant de quitter Accra sans me retrouver dans un bouchon j’ai aperçu du mouvement dans les arbres et des cris très distinctifs.

J’ai très vite compris qu’il s’agissait de chauves souris comme j’en avais vu au Sénégal, mais cette fois-ci elles étaient bien plus mignonne, je suis allé jusqu’au pied de l’arbre pour les approcher, certaines d’entres elles m’ont fixés, comme très étonné par le comportement d’un humain. C’est vrai que pour les locaux elles n’ont pas grand intérêt.

Je l’ai compris quand des locaux m’ont demandé ce que je faisais et que je répondais que je prenais des photos des chauves souris avec des yeux tout émerveillé, ça les faisaient beaucoup rire ! C’est comme dire à un parisien qu’on prend des photos de pigeons !

Le plus dingue c’était quand elles s’étiraient, à ce moment là un énorme bras accompagné d’une aile se tendait sur toute sa longueur, c’était dur d’imaginer que ça venait d’un tout petit corps comme ça.

Visiter Accra différemment

Accra faut-il y aller?

Comme à mon habitude j’ai visiter Accra à ma manière et en très peu de temps parce que je ne peux pas camper dans une grande ville et je dois admettre que les grandes villes ne sont pas mon plus grand intérêt en voyage. Je ne sais donc pas à quoi ressemble un tour touristique “normal” à Accra.

Ce qui est sûr c’est que je ne pense pas qu’Accra soit d’un grand intérêt, je pense qu’une ou deux journée suffisent amplement à visiter la ville, pour ainsi garder du temps pour profiter de Tarkwa ou Kumasi par exemple que je trouve beaucoup plus riches, moins connus et tellement plus belles ! Ce sont des villes qui se sont développés avec tous ses habitants, au contraire d’Accra où l’on ressent un énorme fossé entre les locaux à l’ancienne et les locaux “modernes” qui tente d’atteindre un confort de vie occidental. 

Il est vrai que j’ai eu une ou deux anecdotes un peu compliqué avec les locaux mais les habitants d’Accra sont très gentils en général, j’ai fais beaucoup de petites et très belles rencontres, malgré que dans certains quartier comme Jamestown on puisse ressentir une certaine tension. Mais ce quartier est absolument à voir, c’est très important d’avoir aussi cette image de la ville. 

Donc je recommande d’y passer un ou deux jours, prendre son temps à Jamestown puis profiter de la vie quotidienne d’un habitant d’Accra lambda. 

Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !

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