Les monolithes en danger d’Ikom

Les monolithes d’Ikom sont des pierres volcaniques gravées dans le village d’Ikom au Nigéria.

Il y en aurait près de 250, tous datant de plus de 1500ans et représentant une divinité locale par les nombreuses inscriptions qui y sont gravées. La croyance perdure encore aujourd’hui, et certains monolithes continuent d’être gravés.

Le site est localisé à l’extrême Est du Nigéria, pas loin de Cross River, une région connue pour ses conflits, il est donc extrêmement peu fréquenté, et cette faible fréquentation met en danger le site qui doit faire face à la dégradation et le vandalisme.

C’est donc un site incroyable et très méconnu que je découvre aujourd’hui.

Découverte du site

En arrivant dans le village d’Ikom, les habitants ne tardent pas à me demander ce que je cherche, et petit à petit on me conduit gentiment vers un vieil homme, le gardien et guide du site des monolithes.

C’est un vieil homme attristé par la dégradation du site que je rencontre, mais celui-ci qui donne tout pour partager son histoire et ses traditions.

Il me fait alors découvrir chaque monolithe un à un en me racontant ce qu’il représente, et les bienfaits qui sont apportés à ceux qui le vénère.

Présentation des plus importants

Agbaya est la plus puissante divinité de tout le site, c’est lui que les guerriers venaient voir pour savoir si ils devaient ou non partir à la guerre.

Si il disait oui, alors ils pouvaient être sûr que la divinité les aideraient à remporter la victoire.

Cette divinité là est celle qui marie les habitants du villages, les couples viennent tous se marier devant ce monolithe.

On peut d’ailleurs apercevoir à la base du monolithe 2 signes qui représentent le chemin des mariés, parcouru individuellement jusqu’à ce qu’ils se croisent et s’unissent.

Ce monolithe représente un roi, celui-ci donnerait une bonne fertilité à tous ceux qui viendraient le voir.

La bosse à sa base représente d’ailleurs un pénis.

(Je fais une parenthèse mais les divinités liés à la fertilité on en trouve absolument dans toutes les cultures, ça montre bien l’importance pour ces peuples d’avoir une descendance nombreuse car c’est ce qui permet à la famille de survivre, encore plus lorsque la mortalité infantile est forte.)

Les derniers que je vous présente sont les protecteurs de ce site, celui du milieu, le plus petit, est le puissant d’entre eux.

Le tout dernier monolithe réalisé est celui ci, il représente la femme qui a abolie l’infanticide des jumeaux au Nigéria il y a un siècle. On peut d’ailleurs voir que la gravure est bien plus précise que les autres.

Et oui, quand des bébés naissaient jumeaux, on considérait ça comme de la diablerie et on en tuait un sur les deux. On tuait aussi les bébés avec des problèmes physiques ou mentaux. Evidemment ces pratiques n’ont pas totalement disparu mais elles sont beaucoup moins répandus grâce à cette femme.

Les monolithes sont donc très nombreux et racontent tous quelque chose, ils représentent un concept ou un personnage en particulier.

Parfois certains détails permettent de connaitre l’identité tribale de la personnalité représentée, comme ce monolithe dont on peut distinguer les scarifications très précises sur les joues, un trait d’appartenance à une tribu bien précise :

Vous l’aurez compris, ce site est une petite perle d’histoire et de culture bien cachée sous la peur qu’on se fait du pays, et encore plus de la région.

Comme plusieurs sites en partie abandonnés que j’ai pu voir en Afrique, son protecteur me supplie presque d’en faire la promotion sur les réseaux pour faire venir du monde. Evidemment je ne partagerais pas n’importe quel site, mais ce genre d’endroit est vraiment à voir, d’autant plus que c’est un site unique en Afrique.

Et bien que le guide m’ai raconté tout ce qu’il savait sur le site, chaque monolithe est unique et dispose de ses propres codes. La signification de beaucoup de ces inscriptions se sont d’ailleurs perdus avec le temps, et il est très dur de les deviner aujourd’hui.

Car seuls les artistes de ces monolithes savent exactement ce qu’ils souhaitaient vraiment transmettre, et leurs secrets sont morts avec eux il y a plus de 1500 ans. On n’est d’ailleurs toujours pas sûr de comment ils ont réussis à réaliser des monolithes avec des formes si rondes à cette époque.

Bref c’est un site incroyable, entouré de mystères et d’histoires, à ne surtout pas manquer quand on veut découvrir le Nigéria.

Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !

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