Le sommet du Mont Taranaki sans matériel ni guide

(Article datant de mon voyage en Nouvelle Zélande en décembre 2016, à l’époque je prenais les photos avec mon téléphone, désolé !)

Le mont Taranaki se situe au Sud de l’Île du nord de la Nouvelle Zélande, il culmine à 2500 m mais sa particularité c’est que comme le Mont Fuji, les alentours de la montagne sont plats et au niveau de la mer, rendant le paysage spectaculaire, vue d’en bas ou d’en haut.

Et moi du haut de mes 20 ans je m’étais lancé le défi apparemment fou d’atteindre le sommet enneigé !

Départ et désillusion

A peine parti de mon Couchsurfing, je commence à faire du stop en direction de la montagne, je monte à l’arrière d’une camionnette de facteur et discute avec la chauffeuse, je lui dit que j’aimerais atteindre le sommet, celle ci me répond que c’est impossible sans équipements, crampons et piolets.

Lorsqu’elle me dépose, je recommence à faire du stop et tombe sur un vieil homme très sympas, comme d’habitude, nous discutons et il me répond la même chose que la femme d’avant. Apparemment il serait impossible d’atteindre le sommet sans équipements

Bon… Je reste têtu et commence ma randonnée, en partant d’en bas, j’ai 2500m de dénivelé à faire dans la journée, ça va être crevant ! Le temps n’est pas idéal, il fait très nuageux mais quelques éclaircis apparaisse de temps en temps.

Je commence la randonnée par un chemin qui passe dans la forêt :

Puis en prenant de la hauteur, le paysage se dégage et montre sont ses plus belles couleurs.

Le chemin se transforme en sentier dont les extrémités sont retenu par des bouts de bois, le chemin grimpe de plus en plus haut.

Je rencontre 2 hommes sur le chemin, nous discutons, je leurs demandent si ils sont aller sur le sommet, ils commencent à rigoler  et me répondent que c’est impossible en cette période. Tant pis je continue, maintenant que j ‘y suis.

Là c’est la partie la plus dure, le chemin est remplacé par des escaliers qui grimpe très fort, chaque pas est très fatiguant puis ceux ci s’arrête pour laisser place à un « sentier » qui passe dans la terre et la roche. Je m’arrête tout les 50 m, je n’en peux plus !

C’est là que je rencontre un Français ! On discute, je lui demande si il a atteint le sommet, il me répond que oui, mais qu’il était équipé… Il me dit aussi qu’il fallait traverser une pente glacée très dangereuse, et il me dit de ses propres mots « je me suis chié dessus ». Je suis entrain d’imaginer une pente glacée au dessus du vide qu’il faudrait traverser avec des crampons et des piolets, assuré par une vieille corde.

Bon là, je commence à me remettre en question, peut être que je suis trop têtu, peut être qu’il faudrait que j’écoute un peu plus les autres, puis finalement je me dit que le sommet n’est pas loin et que ça ne me coûte rien de le voir de moi même.

Puis j’arrive à un moment un peu délicat où il faut longer une barre rocheuse en hauteur et éviter de tomber, mais rien de très grave. En revanche je vois un  Espagnol passer en sens inverse, je lui demande si il est arrivé en haut, il me répond qu’il a peur et qu’il n’est pas arrivé à traverser ce passage.

Je lui dit que je vais l’aider, je passe devant et lui montre où poser ses pieds et finalement il passe sans trop de difficulté, un coup de main aura suffit.

Il rejoint son groupe de touriste constitué de beaucoup de Français torse nu les pieds dans la neige (?). Les Français se mettent devant la fameuse pente glacée qu’on ne peut traverser sans équipements et gueule « Je passe pas là moi c’est mort! ».

 

Je regarde la pente et me demande où est le problème, elle est très pentue mais au pire des cas je glisse et retombe sur la plateforme où se trouve le groupe. Je me met en face et pose un pied sur la pente… Et mon pied tient, il s’enfonce même un peu, je continue alors sans trop de difficulté, certes je glisse de 1m tout les 3m mais j’avance !

Au bout d’une dizaine de minute j’arrive au sommet, j’y trouve un panorama 360° incroyable pendant le bref moment sans nuages. Et j’y rencontre 2 hommes âgés en crampons qui prennent la photo pour moi. Personne d’autre.

Lorsque je redescends en me laissant glisser sur la pente, je rencontre un homme qui monte avec une pelle et qui fait des trous pour les pieds, c’est le guide du groupe de l’Espagnol, et un seul homme suit ce guide, cet homme c’était l’Espagnol ! J’étais incroyablement surpris de le voir tenter le coup tandis que tout les autres étaient resté en bas alors que 10 minutes auparavant il n’arrivait pas à suivre son groupe.

 

Résumé

Bref en temps normal cette petite randonnée n’aurait pas mérité un article mais cette expérience a littéralement changé mon point de vue sur l’avis des autres, je me suis rendu compte qu’en écoutant la peur des autres on pouvait se restreindre soit même, sans même essayer.

Aujourd’hui je prends encore en compte les remarques mais je vais toujours faire mon propre opinion, parce que je suis le seul à connaitre mes limites.

BONUS : Petit bonus pour apporter un léger mauvais goût sur la mentalité des gens. Lorsque je suis redescendu j’ai croisé un couple de Français qui était entrain de redescendre, on a discuté et ils m’ont demandés si j’étais aller au sommet, ce à quoi j’ai (fièrement) répondu « oui et vous? », la femme regarde son mari et me répond non, je demande alors « pourquoi? » par curiosité, à ça la femme me répond « bah on pas a eu envie ».

C’est dommage de réagir ainsi, avoir peur n’est pas honteux, tout le monde a peur; et si elle m’avait répondu de la même manière que l’Espagnol, je les aurais volontiers aidés. La question n’est pas qui a peur ou qui n’a pas peur, mais plutôt qui l’assume et qui essaye quand même?

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Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !
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