Se perdre totalement dans le Laos

Mais où suis-je?

Je pense que c’est un titre bien adapté.

A la suite de la boucle de Pakse j’ai voulu prendre une route, la route 23 qui devait m’amener jusqu’à la boucle de Thakhek sans faire de grand détour, celle ci avait l’air d’être une bonne route, assez large mais aussi intéressante puisqu’elle est éloignée du tourisme.

Je commence par rouler sur la route tranquillement, environ 50km/h, mais la route devient très vite cabossé et passe dans de petits villages, je ralentis à 30km/h, au bout d’une heure la route est comme ça :

Deux heures plus tard je rentre dans la forêt, ma vitesse descend à 20 km/h, les chemins se confondent, je me perds, je fais parfois demi tour quand je me trompe de route, sachant que rien ne les différencies, les villages que je croise se font ravitailler par truck (ça commence à sentir mauvais).

Mais je continue ! Je croise de plus en plus de gens très étonnés de me voir, au point d’avoir l’impression d’arrêter le temps, parfois je passe dans un village, les enfants arrêtent de jouer, les adultes arrêtent de travailler, le temps s’arrête complètement. Puis le temps repart lorsque je leur souris avec un signe de la main et qu’ils me le renvoient en 10 fois plus fort.

A ce moment là, la route ressemble à ça :

Là je commence à me remettre en question, suis-je trop borné pour faire demi tour? Mais ça fait déjà des heures que je roule, et déjà que je ne supporte pas prendre la même route 2 fois, je risque pas de le faire maintenant.

Heureusement pour moi je croise un panneau ! Je suis sauvé !

Qu’es que j’espérais? Je prends à droite, sur le signal GPS du téléphone ça paraissait être le chemin le plus probable.

La route est couverte de sable, je dois traverser des rivière profondes, ma vitesse descend à 10 km/h, parfois je me bloque dans un amas de sable, alors je suis obligé de descendre et tirer ma moto, je commence à être épuisé, ça fait 6h que je conduis sur cette route. Courage !

L’espoir s’envole

Je croise des villageois, je leurs demandent si la route mène bien à Phin, je crois comprendre que oui. Evidemment ce n’est que du langage corporel saupoudré de « Phin? ».

J’arrive à trouver de l’essence à Lanong et je continue ma route jusqu’à cet endroit :

Et là, je regarde en face de moi et j’ai du mal à l’accepter, il n’y a plus de solution, impossible de passer, j’ai fais tout ça pour rien.

Il y a 2 ponts, l’un n’a jamais été fini et tombe en lambeau, l’autre n’est pas terminé, et mon chemin s’arrête là… Il est 15h et je ne sais plus quoi faire.
Je n’ai pas le  temps de faire demi tour avant la tombée de la nuit, et même en ayant le temps il faudrait refaire ces 6-7h de route à 20 km/h. N’ayant toujours pas abandonné je cherche une solution, il y en a forcément une.

Au loin de l’autre coté de la rivière, je distingue ce que j’avais utilisé en Thaïlande pour traverser les rivières, des barques pour scooter ! Je crie et fait de grands gestes pour les appeler, mais ils ne m’entendent pas. Je décide de laisser la moto là et d’aller au plus près d’eux en longeant la rivière. C’est ma seule chance il faut que je la tienne ! Je mets la fatigue de coté et je cours !

C’est alors que je rencontre des locaux de mon coté de la rivière, je leurs posent alors la question comme je peux, ils me disent que les conducteurs de barques ont bientôt finit ce que j’imagine être leur pause et vont venir.

Ouf !

30 min plus tard ils sont là, je leur demande si on peut aller chercher ma moto plus loin dans la rivière,  ce sont des jeunes qui parlent à peine Anglais. Ils me répondent qu’il ne peuvent pas remonter la rivière et m’indique vaguement par où passer avec la moto.

Je remonte donc en sens inverse le chemin jusqu’à la moto, je démarre et essaye de trouver le chemin jusqu’à la barque, après m’être perdus 2 fois je trouve enfin le bon chemin et je descend; tout le monde me regarde avec de grands yeux, mais la seule chose que j’ai en tête c’est de prier pour que la route de l’autre coté soit meilleure…

J’arrive de l’autre coté et là c’est le bonheur ! Un petit village et une route, certes pas en bitume mais en gros gravier qui permet de rouler jusqu’à 40km/h ! Un pur plaisir !

En résumé… cette expérience aura été très dur mentalement et physiquement, pas si dangereuse que ça, au pire j’aurais dormi dans un village ou dans ma tente, mais je l’ai trouvée très riche en rebondissement et en moments uniques. Cette journée influencera mon goût pour les petites routes lorsque je voyage !

Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !

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