La pire route que j'ai prise en Afrique

La pire route que j’ai eu à faire en Afrique (Côte d’Ivoire)

La route dont je vais parler n’est pas une route obligatoire à prendre quand on fait un tour d’Afrique en voiture, c’est une route que j’ai décidé de prendre pour rejoindre le Parc National de Taï en Côte d’Ivoire et ainsi atterrir tout à l’Ouest du pays pour tranquillement longer l’océan jusqu’à Abidjan.

Sur Google Maps la route paraissait être une national normale, les nationales en Côte d’Ivoire sont souvent en très bon état au contraire de celles en Guinée, alors je ne me suis absolument pas inquiété.

La pire route que j'ai prise en Afrique

J’aurais dû me méfier

La route quitte déjà le goudron pour une terre et des gravillons rouges, dans cet environnement les petits villages que je croise sont vraiment superbes, les marchés attirent toujours les locaux venus des petits villages aux alentours, et ici on surprend tout le monde, personne ne s’attend à croiser un touriste.

Premier obstacle : Niveau 1

D’un coup un obstacle de boue sauvage apparait, j’ai commencé par vérifier la profondeur de l’eau au milieu avant de forcer le passage en roulant vite, la voiture est passé sans trop de mal, mais le fait que j’ai pris quelques photos de ce moment montre que je pensais que c’était déjà quelque chose de dur à passer… Je n’étais vraiment pas prêt pour la suite.

Obligé de dormir sur la route

Au départ je pensais que je pourrais faire les 270 km en quelques heures mais j’ai déjà passé plusieurs heures sur la route et je n’en suis même pas à la moitié, la route est trop mauvaise pour rouler vite et certains obstacles sur la route demandent de rouler vraiment doucement.

Je commence à être vraiment fatigué, je ne le savais pas encore à ce moment là mais ça faisait plusieurs jours que j’avais le Palud, il m’empêchait de dormir et me fatiguait chaque jour un peu plus, j’ai écris un article sur mon expérience avec le Palud :

 

Bref la nuit commence à tomber, je cherche donc un endroit pour poser ma voiture et dormir, je trouve un renfoncement dans la route un peu caché, parfait pour moi.

A peine je viens de me poser qu’un militaire vient me poser des questions sur ma présence ici, c’est totalement banal quand on campe en Afrique, une fois que je lui explique mon projet et ce que je fais il me propose de dormir chez lui, il sera moins inquiet à me savoir en sécurité.

Je vais alors chez lui, on regarde la télé ensemble, je rencontre son frère (à gauche sur la photo) puis on va au boui-boui du coin pour manger quelque chose de très local : des spaghettis à la sauce tomate, croyez le ou non mais c’est ce que mange la plupart des gens là bas, probablement à cause de son faible coût.

Je me souviens avoir commandé une assiette, le boui-boui proposait des demis assiettes mais je pensais que ce serait une portion enfant, en me servant j’ai compris ma terrible erreur, une assiette entière est enfaite pour 2 généralement…

Mais impossible pour moi de laisser quelque chose dans mon assiette, jusqu’au bout j’ai finis mon assiette malgré mon Palud qui m’empêchait d’avoir du goût et d’avoir vraiment faim.

Finalement j’ai réussi à finir mon assiette et le militaire n’a pas manqué de me dire qu’ils savent que dans mon pays on a pour habitude de gâcher la nourriture et qu’ici ils trouvaient ça très impoli. Ça lui a donc fait très plaisir de me voir aller jusqu’au bout de mon plat malgré mon erreur.

C’est bien rempli que je vais me coucher, je passe encore une très mauvaise nuit dû au Palud mais je suis prêt à en découdre avec la route !

La terrible route de Taï en Côte d'Ivoire

Un nouveau jour

Le lendemain je reprend la route et je passe parmi les nombreux villages toujours plus beaux les uns que les autres.

Deuxième obstacle : Niveau 5

Dès le matin je tombe dans une partie de la route complètement boueuse, impossible de passer, j’ai essayé mais je me suis embourbé, des locaux aux grands cœurs sont venus m’aider à sortir la voiture et m’ont indiqué une déviation faite à la main pour arriver de l’autre côté où la route serait meilleur.

 

Troisième obstacle : Niveau 100

Alors que je m’approchais grandement de la fin de la route et que je pensais finalement arriver enfin à destination sans avoir à faire demi tour, je suis tombé face à un bouchon en pleine boue, un camion rempli de cacao patauge dans un énorme nid de poule rempli de boue, un autre camion qui a réussi à passer tente de le tirer de là mais ça ne s’avère pas gagner.

Je me demande si moi même avec ma petite Kangoo je vais arriver à passer, les voitures bloqués ici sont souvent des 4×4 et leurs conducteurs sont souvent habitués à ce genre de situation, j’hésite beaucoup à faire demi tour mais je ne me vois pas refaire toute la route en arrière, ça me prendrais près de 2 jours, ça voudrait aussi dire de repasser par ces petits obstacles qui peuvent être dangereux pour la voiture. Et puis dans ces moments là je suis toujours trop têtu pour faire demi tour.

La terrible route de Taï en Côte d'Ivoire

Pour patienter je discute avec les locaux sur place qui sont posés tranquillement à l’ombre, ils me racontent que c’est chaque année la même chose, les camions pleins à craquer tentent de passer par cette route complètement délaissé des services de construction et chaque année la mousson empire l’état de la route.

Pendant ce temps j’ai aperçu un moment magnifique dans un coin de l’œil,  un moment si beau qu’il arrête toute sensation du temps qui passe, un moment complètement en dehors du temps. J’ai alors dégainé mon appareil photo avec une vitesse inhabituel et j’ai pris une de mes photos préférés de tout mon voyage en Afrique.

 

La pire route de Côte d'Ivoire

Finalement, malgré toutes les galères et les risques que j’ai pris sur cette route, comme d’habitude je me retrouve à remercier ces galères parce qu’elles m’ont amené là.

Bref, cela prend bien une heure avant que le camion puisse finir par passer ce géant nid de poule qui me fait froid dans le dos, et ainsi je vois une par une les voitures se lancer dans cet obstacle qui parait infranchissable, et je me dis que ce sera bientôt mon tour…

La terrible route de Taï en Côte d'Ivoire

Malgré que je me lance à toute vitesse comme les locaux m’ont recommandé, je me retrouve à ralentir quand je perd le contrôle de la voiture, croyez le ou non mais pour passer il faudrait continuer à accélérer malgré ça, c’est donc en tout évidence que je me retrouve au milieu du nid de poule avec les locaux autour qui me crient « Il fallait pas ralentir! ».

Mais comme pour le camion benne qui n’a pas réussi à passer tout à l’heure, les jeunes travailleurs arrivent et poussent la voiture pour m’aider, l’avantage d’un Kangoo c’est que c’est une voiture très légère, grâce à ce petit coup de main j’ai donc pu sortir la voiture et ENFIN en finir avec tout ça.

La pire route de Côte d'Ivoire

J’ai alors pu continuer tranquillement la route jusqu’à Grand Bereby, avec un sentiment incroyable de réussite ! Comme dans la vallée de Spiti en Inde, sur la route 26 au Laos ou dans les montagnes du Nord au Vietnam, ma persévérance (et l’aide indispensable des locaux) avait payé !

Ce sentiment d’avoir autant galéré, d’avoir eu aussi peur et de finalement avoir réussi à passer est probablement une des raisons qui me poussent autant à voyager.

C’est tout heureux que je finis la route tranquillement sur une route qui redevient damée, je croise encore quelques beaux villages et fais quelques bonnes rencontres sur cette fin de journée.

Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !

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