Visiter la forêt sacrée d'Osun-Oshogbo au Nigéria

La dérangeante forêt sacrée d’Osun Oshogo

L’histoire de la forêt

La forêt d’Osun-Oshogo dans la commune d’Oshogbo est la dernière forêt sacrée des Yorubas, une ethnie très importante entre le Bénin et le Nigéria qui influença énormément la religion Vaudou avec toutes ses divinités.

Cette forêt, comme son nom l’indique, vénère la divinité Osun, la déesse de la rivière et de la beauté des Yorubas, qui donne son nom à la rivière même qui coule au milieu de la forêt.

A l’époque chaque village disposait de sa propre forêt sacrée, toujours située à l’extérieur de la ville pour laisser les esprits tranquilles. Chaque forêt avait ses propres divinités qui assuraient au village la protection de ses habitants, en échange de quelques cérémonies et offrandes.

Avec le temps les forêt sacrées disparaissent une à une,  détruites par le braconnage, l’extension des villages ou la déforestation.

Sculptures dans la forêt sacrée d'Osun-Oshogbo

Le renouveau de la forêt

La forêt fût préservé notamment grâce à une autrichienne, marié à un Yoruba, qui passa toute sa vie à tenter de restaurer ce lieu. C’est sa dévotion qui attira un bon nombre d’artistes Nigérians et étrangers qui réalisèrent les fameuses sculptures de la forêt représentant toutes les divinités qui y dorment.

Ce coup de neuf attira peu à peu tous les Yorubas du pays, et devint de nouveau un symbole important de leur culture.

En plus de sauver un monument de la culture Yorubas, la forêt est l’une des dernières forêts primaires d’Afrique de l’Ouest, et on peut y trouver des centaines  de plantes médicinales, très importantes pour les locaux.

 

Sculpture de la forêt sacrée d'Osun-Oshogbo au Nigéria

C’est vrai que ces sculptures aux traits parfois dérangeants, donnent une ambiance très particulière à cette forêt sombre. Elles soulignent parfaitement l’aspect sacrée de ce lieu.

Peu importe où l’on se dirige dans la forêt, on ne peut éviter de croiser ces êtres si particulier qui se cachent dans chaque recoins. Et dont les animaux de la forêt sont visiblement très liés.

De temps en temps je croise une petite statuette aux traits de visages très prononcés. La poudre colorée sur sa tête est utilisée par les Yorubas durant les cérémonies pour connecter le monde matériel à l’immatériel, c’est à dire à celui des esprits.

Cérémonie pour Osun

En suivant le chemin à travers la forêt, je finis par tomber sur la fameuse rivière Osun où se dresse une statue la représentant. C’est un lieu très fréquenté des locaux qui viennent fréquemment y faire une cérémonie.

 

J’ai pu assister à l’une d’entre elles, mais je n’ai pas pris de photos par respect pour la culture, en revanche je peux tout vous raconter.

Une famille est venue avec une femme, ils avaient tous les bras chargés de victuailles, ce sont des offrandes constitués d’alcools, de gâteaux en tous genre, fruits ect…

La femme qui les accompagne est une Chaman qui s’occupe de la cérémonie et qui parle avec Osun. La cérémonie commence avec cette femme qui répète encore et encore une phrase en Yoruba pour invoquer Osun.

Pendant ce temps là les singes s’approchent des victuailles, ils reconnaissent le son d’une cérémonie et savent que les locaux ont apportés de la nourriture, c’est à coups de bâton qu’ils se font chasser par la famille.

Puis lorsque vient l’heure des offrandes, à ma grande surprise la famille ne laisse pas la nourriture au pied de la statue, mais elle jette tout directement dans la rivière.

Le plus drôle (si l’on évite de parler écologie, ça n’a pas de sens par ici) , c’est que les petits sachets de plastiques qui flottent sur la rivière sont vite récupérés par les singes, qui les ouvrent avec leurs petits doigts agiles.

Après ça je suis allé me perdre dans la forêt en empruntant des petits chemins, j’ai fini par tomber sur un grand pont passant juste au dessus d’une large rivière.

J’y ai vu des locaux qui venaient s’y baigner en fin de journée, après leur journée de travail, probablement pour toutes les vertus que peuvent apporter l’eau sacrée d’Osun.

L’eau est d’une couleur marron opaque, mais ça ne me choque même plus, moi même je me baigne dans ce genre de rivière lorsque je voyage, ça me permet de prendre une douche facilement tout en me rafraîchissant.

Je découvre aussi au bord de la rivière un troupeau de vaches guidées par un éleveur d’ici. En traversant le pont j’arrive à l’extrémité de la forêt, et donc à l’entrée de la ville, je décide donc de faire demi-tour ici.

 

J’ai rencontré quelques locaux, certains sont visiblement des Yorubas venant d’ici, tandis que d’autres, venant visiblement d’une classe supérieur, viennent ici en tant que touristes Nigérians.

Résumé et prix d’entrée

La forêt d’Osun Oshogbo est pour moi un endroit assez touristique, même si je n’ai croisé aucun autre touriste étranger, j’ai pu voir dans les yeux des locaux que ma présence n’était pas étonnante.

Mais parmi les quelques lieux “touristiques” du Nigéria, cette forêt est à voir absolument, elle est aussi belle et mystérieuse, qu’intéressante par sa culture, ses croyances et son histoire.

Le prix est très raisonnable (environ 3€), mais le prix pour y entrer avec l’appareil photo est surréaliste (environ 10€). J’écris cet article un an plus tard alors je ne sais plus comment je suis arrivé à rentrer avec l’appareil photo, mais je pense avoir négocié avec le gardien à l’entrée, qui dans mes souvenirs est très accueillant.

Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !

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