Le Fromager de Missira

La beauté du delta du Saloum avec Fadiouth et Missira

Le delta de Saloum est un Parc National au Sénégal inscrit au patrimoine de l’Unesco, c’est ici que le Saloum se jette dans l’océan Atlantique entouré de nombreuses autres rivières. Dans la région il y a un coin touristique connu : Faidouth ou aussi appelé “L’île aux coquillages” mais en explorant un peu j’ai réussi à trouver une perle bien moins connu et pourtant exceptionnelle : Missira.

Fadiouth ou l’île aux coquillages

A 120km de Dakar, juste après Joal se trouve Faidouth, une petite île couverte de coquillages accumulés au fils des ans par la consommation des locaux. L’île est accessible par un pont en bois et le prix de la visite est de 3000 CFA par personne sans guide, pour le guide il me semble qu’il faut rajouter 5000 CFA, la visite ne nécessite pas particulièrement de guide mais ça vous apportera forcément plus de renseignements et d’anecdotes historiques sur le lieu.

Déjà depuis le pont on peut se perdre à observer les locaux aller et venir sur leur longue pirogue, avec en arrière plan ce vert si particulier de la mangrove.

Une fois sur l’île on peut se balader librement en passant par le marché local ou les boutiques de souvenirs au centre qui ne sont pas si nombreuses que ça.

En revanche l’accueil des locaux peut être un peu froid, en rentrant sur l’île vous vous baladez dans leur village librement et même si l’attraction n’attire pas des foules entières, il y a suffisamment de personnes pour que ça puisse agacer certains locaux, évitez juste de prendre les gens en photos sans demander, dites bonjour, souriez et tout se passera bien.

On peut croiser pas mal de cochons sur l’île mais aussi beaucoup de lézard aux couleurs sublimes.

Le village est connu pour avoir le seul cimetière qui mélange les Chrétiens aux Musulmans (il paraît qu’il y en aurait un autre au Sénégal). Ce cimetière se situe sur une autre île toute petite et aussi couverte de coquillages qui s’atteint aussi par un petit pont.

L’île couverte de coquillages est magnifique et les baobabs la dominant donnent un aspect très vivant et végétal au lieu.

Toutes les tombes sont couvertes de coquillages c’est une curiosité très jolie, le cimetière est bien plus gaie.

Alors oui, comme d’habitude ça peut paraître gênant de visiter un cimetière mais l’ambiance qui y règne tient bien plus de l’émerveillement que de la tristesse, c’est un lieu qui inspire bien plus la vie que la mort et c’est probablement le plus beau cimetière que j’ai jamais vu.

Il y a aussi les greniers perchés du village à visiter, vous n’avez pas besoin de chercher une pirogue pour y aller, on arrêtera pas de vous en proposer une, vous pourrez débattre du prix, toujours très exagéré au début.

Finalement j’ai été agréablement surpris par Faidouth, déjà parce qu’il n’y a pas tant de monde que ça, le tourisme n’est pas très dérangeant, les 2 îles sont superbes et surtout le cadre autour est incroyable, ça vaut la peine juste pour ça !

Missira

A une vingtaine de kilomètres de Toubakouta se trouve le village de Missira, un paisible village de pêcheur très loin du tourisme.

Le village est magnifique à commencer par sa vieille mosquée aux couleurs ternes.

Ou ses rues assez fréquentés par les pêcheurs et les élèves toute la journée.

Mais le village est surtout connu pour avoir le plus grand fromager du pays, un arbre gigantesque et très impressionnant, ne serait-ce que pour le voir, ça vaut le coup de venir jusqu’ici.

Le fromager attire d’ailleurs suffisamment de personnes pour qu’une petite boutique s’y soit installé juste en dessous, mais lors de mon passage je n’ai croisé qu’un touriste, c’est vraiment très peu touristique.

Mais l’un des plus belles choses du village ça reste l’accueil des locaux, j’ai eu beaucoup de sourires, de serrages de mains ou de discussion avec les locaux qui étaient curieux de voir débarqué un touriste tout seul en voiture comme ça, c’était très agréable !

L’avantage des coins avec très peu de touristes c’est que les locaux ne sont pas lassés de voir arriver des blancs, au contraire ils sont toujours content, l’ambiance est bien meilleur que dans les endroits très touristique.

Petit conseil : si la région vous plait vous pouvez négocier une pirogue pour visiter les îles en face où se situe certains villages, je n’y suis pas allé par faute de temps mais je suis certain que ça vaut le coup !

ATTENTION : Son accès est libre mais 2 personnes se nommant Hassan et Abdou peuvent venir vous déranger. Lorsque j’y suis allé Abdou s’était présenté à moi et voulait me servir de guide, je lui ai gentiment dit que je ne désirais pas de guide, je ferais un petit tour dans le village avant de repartir, très peu content il ne voulait pas me laisser visiter librement sans que je le paye, il a commencé à s’énervé.

C’est là qu’Hassan est arrivé, un homme bien plus malin, il m’a dit qu’il y avait une taxe pour les visiteurs qui serait reversé au village, je lui ai dis que ça me convenait très bien tant que j’ai un ticket, il a longuement essayé de me convaincre qu’il fallait lui faire confiance, qu’il n’y avait pas de ticket et qu’il fallait lui donner 5000 CFA pour la taxe.

J’ai continuer à dire non, il est finalement parti en me disant qu’il allait chercher un ticket, il revint avec en me disant que c’était certifié blablabla… J’ai regardé un instant, c’était un ticket de reçu banal (utilisé pour les échanges de marchandises) et chaque ticket utilisé disaient 1000 CFA. Bref j’ai bien compris l’arnaque, j’ai continuer à dire non, lui aussi a commencé à s’énervé et finalement a laissé tomber, j’ai enfin pu être libre de visiter tranquillement.

Si vous y allez, je vous déconseille de donner votre argent à ces types ou qui que ce soit d’autre qui ne soit pas le chef du village ou qui ne vous donne pas de vrai ticket, mieux vaut dépenser son argent là bas en achetant de la nourriture ou des babioles aux locaux qui y vivent, vous aurez un bon impact sur le village en étant sûr de l’utilité de votre argent. Je précise que ce genre de choses n’arrivent pas souvent et c’est l’une des seules fois où je me suis embrouillé en Afrique.

Toubakouta

Toubakouta est une ville très intéressante  notamment pour la forêt Sangako qui la borde, une forêt protégé de l’impact des hommes, l’une des dernières du pays.

L’accès de la forêt est totalement libre, on peut y faire des randonnées en suivant les petits sentiers, gare à ne pas se perdre les sentiers se croisent souvent !

Dans cette forêt on peut voir plusieurs espèces de singes dont les gueules rouges :

Moi je voulais voir les Babouins que je n’avais pas vu à l’époque (j’en verrais pour la première fois en Gambie), ces Babouins sont une plaie pour les agriculteurs à côté de la forêt car ils viennent saccagé les champs (ou les gâtés comme ils diraient là bas).

Il y a d’ailleurs souvent quelques jeunes au bord des champs qui imitent parfois un cri féroce pour faire peur aux Babouins qui seraient tentés, ce jour là j’ai rencontré ces 2 jeunes qui attendaient toute la journée en faisant de temps en temps des cris :

A la place j’ai vu un magnifique oiseau multicolore entrain d’éclater une sauterelle sur le tronc de l’arbre, un spectacle très beau aussi.

Mais l’un des plus beaux moments que j’ai vécu c’est au retour, lors du couché de soleil, après être rentré bredouille de ma chasse (visuelle) aux Babouins, j’ai alors croisé des fermiers avec leurs troupeaux, les vaches soulevaient la poussière en passant et ce moment m’a paru magnifique, j’ai eu la chance de pouvoir shooté au bon moment :

Petit anecdote marrante :

Sur ce chemin je posais souvent la question aux locaux si ils avaient vu les Babouins, malgré qu’ils ne parlent pas souvent bien Français, je leurs montraient une photo de Babouin sur le téléphone.

Un vieil homme est passé en vélo, à ce moment là je l’ai interpellé, surpris je le vois commencé à bouger son guidon dans tous les sens et lancer les pieds avant sur plusieurs mètres, j’ai eu peur qu’il tombe !

Mais c’est comme ça qu’il s’arrête. Étonné je lui demande “Tu n’a pas de freins??” il ne parle pas bien Français mais il me signe que non…. D’un coup on explose de rire tous les deux, moi un jeune blanc d’une autre culture, et lui un doyen noir Sénégalais.

J’adore ces moments où il n’y a plus de frontière, aucune frontière culturelle, aucune frontière territoriale, ni d’âge, juste 2 hommes qui rigolent face à une situation cocasse.

C’est quelque chose que j’ai très souvent vu dans la suite de mon voyage, les gens ont rarement de freins sur leurs vélos, c’est une très faible dépense qui n’est pas prioritaire pour eux.

Explorer la région

Avec la voiture j’ai pu explorer la région librement, c’est une région magnifique où l’on peut voir des paysages très différents entouré de villages pittoresques ainsi qu’une variété d’animaux (j’ai vu des chacals mais ils sont trop peureux pour les prendre en photo), donc voilà une compilation de ce que j’ai pu voir :

Et voilà le portrait d’un homme que j’ai rencontré au petit matin en sortant de ma voiture après une bonne nuit de sommeil, il cultivait ses champs juste en face et il est venu discuter avec moi autour d’un café, un vieil homme qui n’a pas la vie facile mais qui est heureux avec sa grande famille, ça a été un vrai plaisir de partager avec lui.

Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !

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