Gaumukh glacier

Gangotri, expédition à la source du Gange !

Gangotri se trouve dans la région d’Uttarakand dans le nord de l’Inde; c’est un des principaux lieux de pèlerinage Indien. Partout en Inde, avec ou sans argent, les Indiens parcours le pays pour ces terres qui renferment la source du Gange. En effet à 15 km de Gangotri se trouve un glacier d’où sort le Gange, c’est là qu’il naît pour la religion Hindou, et l’eau du Gange ici a une valeur inestimable.

Pour la culture Hindou, le Gange est comme un être vivant qui passe de bébé (à Gangotri) à adulte (Varanasi par exemple); il est donc essentiel d’aller trouver les origines de la rivière car c’est là où elle possède le plus de pouvoir.

Le seul problème… C’est que le chemin pour aller à la source s’est écroulé ces dernières années et qu’il est devenu très compliqué de l’atteindre; c’est là que commence mon défi !

Ps : Pour aller à Gangotri il faut être muni d’un permis que vous pouvez vous procurer à Uttarkashi.

Je me souviens avoir rencontré ce pèlerin Indien m’ayant parlé de Gangotri; il était très fier d’avoir atteint le glacier qui constitue l’origine du Gange. Lorsque je lui dis que ça me plairait bien d’y passer; il m’arrête tout de suite et me dit de ne pas y aller seul; c’est beaucoup trop dangereux. Evidemment j’ai tendance à être un peu têtu…

Me voilà donc en direction de Gangotri ! Et la route est déjà incroyable…

Arrivé à Gangotri

Gangotri est un petit village avec seulement un temple et le reste se base sur le tourisme des pèlerins qui viennent ici pour venir récolter l’eau magique du Gange. Il y a donc de nombreux boui-boui qui vendent des bracelets, des bijoux Hindous mais surtout des récipients pour pouvoir les remplirent avec l’eau du Gange. J’en ai moi même acheté un, je peux vous dire que la qualité est très moyenne !

Début de la randonnée

Le début de la randonnée part de Gangotri, la première étape est Chirwasa puis j’irai dormir à Bhojbasa et son Ashram*. En tout 14 km de marche pour aujourd’hui !

Le début de la randonnée est très facile malgré quelques passages un peu hauts et sans protections, il faut simplement évitez de trébucher à ce moment là.

*Un Ashram est un lieu ouvert, gratuit et gardé, disponible pour tous les pèlerins, leurs fournissant dortoirs et nourritures.

 

 

Chirawasa (9 km)

Chirwasa n’est constitué que de 2-3 établissements, vous pouvez y boire ou manger, et peut être même y dormir dans une tente; mais je vous conseille de pousser jusqu’à Bhojbasa !

Chirwasa gangotri

On continue !

Après Chirwasa la randonnée se complique, on passe par des petits ponts vraiment très flippants avec une rivière déferlante passant dessous. Le chemin est bordé de cailloux immenses emprisonnés dans la terre, et certains trous dans cette terre nous laisse deviner qu’elle ne tient pas très bien. Ça devient tendu mais je continue jusqu’à Bhojbasa !

Sur la route je rencontre un gardien du parc qui a une petite passion pour les photos.

Arrivé à Bhojbasa

Enfin arrivé et je suis mort ! La randonnée était longue, le chemin ne faisait que descendre et monter. C’était plutôt fatiguant.

Je me dirige donc vers le Ashram, on peut aussi dormir dans une sorte de guesthouse mais je voulais avoir l’expérience d’avoir dormi dans un Ashram. Je suis très bien accueilli, on est environ 7 dans l’Ashram, et je suis le seul touriste.

On commence à manger tôt, pour cela on doit s’asseoir dans la cour, par terre et un homme passe avec un sceau rempli de riz, puis un autre avec du Dhal et encore un avec de l’eau. On se croirait un peu en prison mais c’est atypique !

 

Le soir je discute avec un vieil homme accompagné de 3 disciples dans le dortoir; oui j’ai bien dis disciple, les 3 jeunes hommes accompagnent le vieil homme dans ce pèlerinage pour s’entraîner à bien chanter Hindou ou bien prier. Le vieil homme passa toute la soirée à m’apprendre tout ce qu’il faut savoir sur l’Hindouisme avec son anglais approximatif. Ce que j’en ai retenu :

Le Gange vient des cheveux de Shiva, l’un des plus grand « dieux » Hindouistes; et plus on remonte à la racine de ses cheveux, plus on s’approche de la source et plus son pouvoir est immense.

Il existe beaucoup de croyants différents, il y a par exemple les chanteurs, les prieurs, les danseurs et j’ai du mal à me souvenir des autres.

Il y a 3 grands dieux dans la religion Hindou : Brahma, Vishnu et Shiva. Le vieil homme a tenté de m’en apprendre plus sur chacun d’eux mais la barrière linguistique a rendu la tâche bien compliqué.

 

Dernière étape : Le glacier Gaumukh et la source du Gange

Je pars le matin, beaucoup des pèlerins sont déjà partis. Le chemin est assez facile la première heure, puis d’un coup je tombe sur un effondrement, je dois avancer entre les rochers, juste à coté du Gange en folie. Et oui, ce n’est plus le Gange calme qu’on a connu à Varanasi, ici c’est un vrai torrent !

Mais ce n’était que le début, je vois que les pèlerins se sont tous arrêtés au même endroit, ils prennent l’eau de la rivière, et pourtant on est pas encore au glacier.

En effet on ne peut plus vraiment avancer, le chemin est totalement effondré, le vieil homme m’en avait parlé hier.

Bon, moi j’ai tendance à être un peu têtu, je me rappelle de cet homme à Dehli qui avait atteint le glacier, alors je me lance. Le reste du chemin est très très serré, ce n’est que de la terre qui menace de s’effondrer à tout moment, et en dessous le Gange est sans pitié, si je tombe dans la rivière à plus d’un mètre du bord je sais que j’aurais aucune chance de m’y échapper.

OUF le plus dangereux est passé ! Je continue ma route en sautant de rocher en rocher; tout s’est écroulé et je fais attention à ce que rien d’autre ne s’écroule quand je passe.

Le glacier n’est plus très loin, je le vois de l’autre coté, je continue encore 2h sur ces rochers, il est très compliqué d’avancer en sautant d’un rocher à l’autre.

Une fois au dessus du glacier je dois descendre jusqu’à lui, mais pour descendre il faut que je suive un effondrement.

En soi l’effondrement n’est pas dangereux, je peux descendre dedans mais si il est là ça veut dire que le terrain est dangereux. En effet de temps en temps de gros cailloux tombe d’en haut.

Je vois l’eau sortir du glacier avec une vitesse incroyable, l’eau est déjà marron en sortant, une partie de moi voudrais explorer l’intérieur, mais il est évident que j’y resterais.

J’entends de plus en plus de cailloux qui tombe d’en haut, je me dépêche de prendre l’eau (et prendre une photo) avant que ce ne soit un rocher qui tombe !

Sur le retour je glisse un peu sur le chemin de terre effondré mais je me rattrape ! Mes pieds se posent sur une pente de terre qui peut céder à tout moment et je me suis fait avoir.

Sur la route retour je recroise les pèlerins avec qui j’avais marché à l’aller; eux aussi ils se sont arrêtés avant le chemin.

Ils sont très surpris de me voir et me demandent si je suis arrivé au bout. Ils me demandent alors de leur montrer une photo, ils aimeraient bien avoir au moins un aperçu du glacier. Là où tout les pèlerins s’arrêtent, avant l’effondrement de la route, il y règne une ambiance de déception, beaucoup d’entre eux ont traversé l’Inde pour arriver au Glacier. Mais je pense que ce n’est pas la première fois que le chemin s’écroule et je suis sûr qu’ils le reconstruiront encore une fois.

Je suis d’ailleurs le seul aujourd’hui à avoir atteint la source, sur la vingtaine de pèlerins venu ici.

C’est pourquoi j’aimerais revenir un jour, avec un bidon de 5L et aller chercher cet eaux à la source pour leurs redistribuer au retour. Je n’arrête pas d’y penser, même 8 mois après.

Pour résumé

Je dois admettre que j’avais sous estimé la dangerosité de cette expédition, lorsque l’Indien m’avait prévenu à Delhi je me suis dis qu’il exagérais. Si vous avez prévu d’y aller et que ce post ne vous fait pas changer d’avis, je vous demande juste de faire attention. Si vous rester calme et que vous posez bien vos pieds, vous ne devriez pas avoir trop de mal à rejoindre le glacier mais même avec ça il y a beaucoup de risques que quelque chose s’effondre lors de votre passage.

Si vous ne voulez pas tenter d’atteindre le bout, la randonnée est déjà très belle juste avant, ça vaut largement le détour, et qui sait, peut être ont t’ils reconstruits le chemin depuis? En plus de ça, après quelques recherche j’ai l’impression qu’en certaines saison la rivière devrait être beaucoup moins forte. En vous souhaitant bonne chance !

ANECDOTE : J’ai gardé cette eaux précieusement chez ma mère, elle n’a pas compris pourquoi je tenais tant à garder « une eau croupie » selon ses propre mots. Et dire que j’ai failli y rester pour cette eau croupie.

Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !

Laisser un commentaire