Se garer dans la ville de Lagos au Nigéria

Découverte de Lagos, une ville représentative des inégalités

Pour ceux qui ne le savent pas encore, le Nigéria est le pays le plus riche du continent Africain, et Lagos est l’ancienne capitale du pays, elle reste aujourd’hui la plus grande ville du Nigéria, et la deuxième plus grande ville du continent avec près de 15 millions d’habitants.

Même si aujourd’hui c’est bien Abudja qui est la capitale du Nigéria, je trouve que Lagos représente bien plus son pays, Abudja est une capitale récente, aseptisée, avec de grandes maisons et de grands quartiers qui abritent les populations les plus riches du pays.

Tandis qu’à Lagos on est au cœur même du problème du Nigéria, cet écart de richesse qui se creuse de plus en plus chaque année, et au contraire de beaucoup de villes, les riches ne vivent pas totalement à l’écart, les quartiers les plus pauvres sont collés aux quartiers les plus riches, une sorte de gentrification raté qui attise les tensions. C’est cette étrange mixité qui donne cette ambiance un peu tendu qu’on peut ressentir quand on se balade à Lagos.

En effet en se baladant dans Lagos on sent que les plus pauvres sont fatigués, affamés et énervés, tandis que les plus riches de l’autre côté de la rue, vivent très aisément et tentent d’atteindre un confort de vie quasi Américain.

Mais malgré ce sentiment très étrange que j’ai ressenti au Nigéria, je ne me suis pas arrêté à ça et j’ai continué de découvrir cette ville, j’ai fini par y découvrir des coins très beaux, très agréables et y faire des rencontres mémorables.

Le quartier d’Ebute Ero

J’ai commencé par découvrir le quartier d’Ebute Ero juste à l’entrée de Lagos Island, c’est là que se trouve le plus vieux et le plus grand marché du pays qui porte le même nom. Malheureusement il était fermé quand j’y suis passé.

C’est ici que je trouve l’ambiance la plus tendue, on est à quelques pas du centre très riche de la ville sur Lagos Island, mais ici les habitants vivent dans des conditions de vies difficiles, et leur énervement se fait ressentir. Il est important dans ces cas là de toujours rester souriant, aimable et avenant.

J’ai réussi à me garer en plein milieu du quartier grâce à un homme qui s’est improvisé gardien de ma voiture, ce vieil homme m’avait prévenu de faire attention, mais il a précisé : “Certains peuvent être méchants, mais c’est la faim qui les rongent”.

Et c’est bien connu que la fatigue rend triste, et que la faim rend méchant.

Finalement tout s’est bien passé pour moi, mais je me suis fais très discret.

Une chose qui m’a beaucoup marquée dans ce quartier et autour, ce sont toutes ces publicités qui ornent les murs des appartements comme des panneaux publicitaires. Un contraste très étonnant avec la façon de vivre des habitants qui se rapproche plus d’un mode de vie villageois, que réellement citadin.

Certains quartiers font offices de centres commerciaux, on y trouve absolument de tout, y compris des matériaux de constructions.

Les grands magasins comme on a en Europe n’existent quasiment pas ici, les échanges se font toujours par des magasins plus petit, tenu par des familles, comme on le faisait avant.

Juste de l’autre côté de la rue j’arrive dans un quartier beaucoup plus riche, c’est ici que siègent beaucoup de banques du Nigéria, on peut y découvrir la plus ancienne cathédrale du pays.

Le pays est en grande partie Chrétien, il se revendique lui même comme la plus grande église Anglicane juste après l’Angleterre.  Mais il y a une très forte population musulmane aussi, dans les régions les plus au Nord du pays.

 

En prenant la grande route du pont qui contourne Lagos, je découvre des écrans publicitaires géants digne de New York, le genre de chose que je n’aurais jamais imaginé voir en Afrique.

Et juste en dessous de ceux-ci il y a des locaux, habillés littéralement de sacs plastiques, qui remuent les ordures, à la recherche d’habits ou de nourriture.

Et cette simple image que j’ai eu sur cette route, où l’extrême richesse et l’extrême pauvreté des habitants se fait ressentir terriblement, représente parfaitement la complexité de la situation au Nigéria, et encore plus à Lagos.

Les écrans publicitaires géants de Lagos

Agege market

C’est pour moi l’endroit le plus dingue de Lagos, ce marché au bétail est situé juste à côté d’une voie rapide, je l’ai découvert par hasard en me baladant en voiture. Je me suis tout de suite garé sur le côté pour aller découvrir ce lieu qui me plaisait déjà beaucoup.

Mais pour y accéder il fallait que je traverse la voie rapide comme tous les locaux, ils sont tous là sur les startings blocks, prêt à courir dès qu’ils trouveront un écart entre 2 voitures suffisant. Ici il n’y a aucun passage piéton, et personne ne ralentira pour nous laisser passer.

Alors je fais comme eux, je me tiens prêt, à la grande surprise des locaux qui m’entourent et qui commencent à rigoler. Et au moment où un écart de voiture parait suffisant pour passer, on se jette tous ensemble sur la route, et on passe de l’autre côté avant qu’une autre voiture passe à toute vitesse.

Découvrir le marché au bétail d'Agege

De l’autre côté de la route les locaux me sourient, amusés par ma présence, certains posent pour moi en voyant mon appareil photo.

L’ambiance est très différente du centre, je me croirais bien plus dans un petit village que dans Lagos !

Visiter Lagos sans à priori !
Visiter Lagos sans à priori !

J’en profite pour découvrir librement ce marché un peu vide en cette fin de journée.

Les locaux viennent tous ici avec leurs petites voitures pour acheter des bœufs entiers qu’ils ramènent vivant au fond de la voiture, à un mariage ou une occasion. C’est assez dingue à voir !

 

 

Le marché est une occasion de travailler pour tout le monde, hormis le bétail on y trouve absolument de tout, allant des boissons fraîches dans des paniers sur les têtes des femmes, de la “street food”, jusqu’à des tapis colorés que cet homme expose sur sa tête.

Le conflit des Fulanis

Le marché du bétail est un marché extrêmement fructueux et très majoritairement entretenu grâce aux Fulanis (Peulhs), ça explique pourquoi les éleveurs du Sud et les Fulanis sont en conflits pour nourrir leurs bœufs sur les terres du Nigéria.

Les Fulanis sont des nomades musulmans éleveurs de bœufs depuis des siècles, tandis que les éleveurs du Sud sont des sédentaires souvent Chrétiens.

Le conflit aurait commencé lorsque les nomades furent poussés dans le Centre par l’asséchement du sol et l’expansion du Sahara. Ils sont alors rentrés en conflit avec les sédentaires pour des terres qui permettraient de nourrir leurs bœufs.

Le président étant Chrétien, il aurait favorisé les sédentaires pour l’obtention des terres (selon les Fulanis). C’est alors qu’ils auraient pris les armes et auraient récupérés de forces les terres, parfois en tuant tous les habitants.

C’est un conflit très complexe et très intéressant qui mérite vraiment d’être développé, les responsables désignés sont toujours les Fulanis alors que la situation n’est pas si simple. Le conflit a d’ailleurs taché le nom “Fulani” qui désigne simplement la plus grande ethnie nomade d’Afrique, dont les Fulanis armés sont une ridicule minorité.

Les Fulanis sont absolument partout (comme sur la photo dans le marché d’Agege), et ne sont absolument pas dangereux, seul une minorité d’entre eux ont pris les armes.

Toujours est-il que ce conflit a très peu de chance de nuire à vôtre passage au Nigéria, les conflits sont localisés dans des régions très isolés majoritairement dans le Nord et Centre du pays.

 

Mon coin préféré de Lagos

Le marché d’Agege est une exception à l’ambiance particulière de Lagos, ici la bonne humeur se ressent partout, les locaux ne sont pas plus riches qu’au centre, mais ils vivent comme dans un petit village, au jour le jour, en espérant que chaque jour que Dieu fait sera meilleur.

Quand on visite des grandes villes comme Lagos on ne s’attend pas à découvrir un marché au bétail comme celui-ci à l’entrée de la ville. C’est comme si les habitants devenus modernes, avaient toujours gardé un esprit de villageois, cette envie de continuer à parcourir les marchés et de rencontrer du monde.

C’est pour cette raison que les centres commerciaux ont beaucoup de mal à faire leurs places même dans les plus grandes villes d’Afrique.

Makoko, le plus grand bidonville du monde

Depuis le pont de Lagos Island, j’ai pu apercevoir Makoko, un village lacustre connu pour être le plus grand bidonville du monde, je ne le savais pas encore mais j'allais le découvrir de l'intérieur dans quelques heures.

Makoko est de loin l’expérience la plus dingue que j’ai eu à Lagos, mais elle mérite à elle seule un article entier pour 2 raisons : premièrement parce que Makoko est un village à part de Lagos, et deuxièmement parce qu’en m’y baladant j’ai découvert tellement de choses que ça mérite bien un article entier dédier à cette expérience.

J’ai halluciné en voyant le village au loin depuis le pont, je me suis garé en catastrophe sur le bas côté, juste à côté d’un petit poste de police.

Le Policier  est venu avec l’air un peu énervé, probablement de voir qu’un étranger prenne autant ses aises, malgré que les locaux s’arrêtent sans problèmes ici. Mais il a totalement abandonné en voyant mon grand sourire lorsque je lui ai expliqué que je voulais prendre des photos de ce village si incroyable, il m’a dit de prendre le temps qu’il me faudra, on a même pu discuter un peu à propos du village.

Ce qui m’a laissé bouche bée en découvrant Makoko, comme incapable de réaliser ce que je voyais, ce sont tous ces rondins de bois flottant et formant un radeau géant sur la lagune, les locaux s’en servent pour parcourir le lac à pied, pêcher ou poser des pièges.

C’est donc un village lacustre immense qui a construit un radeau gigantesque sur la lagune de Lagos, c’est complètement dingue !

Sans avoir à rentrer dans le village de Makoko, on peut déjà l’observer au loin depuis le pont.

Un voile de fumée bleuté survole le village, ce sont les nombreux feux des habitants au sein du village, ça donne à Makoko une ambiance très particulière qui m’a poussé à tout faire pour trouver une barque et le visiter.

J’ai passé des dizaines de minutes à observer les locaux aller et venir, en barque ou à pied, en marchant sur les milliers de radeaux qui flottent sur le lac.

J’ai suivi de loin un homme et son petit frère sur un bateau, le plus jeune conduisait et tenait la barque, tandis que le grand frère cherchait et vidait les pièges à poissons.

Plus loin j’ai vu des jeunes enfants s’amuser à jeter un filet de pêche, pour pouvoir peut être ramener un poisson à la maison.

Makoko vue depuis le pont de Lagos Island

Observer ce village m’a donné la chair de poule, j’aurais jamais imaginé voir ça, je n’avais aucune idée que ça existait 10 minutes avant.

J’ai tout de suite allumé mon portable pour trouver un moyen de m’y rendre, je ne sais pas ce qu’il faudra pou arriver à le visiter, mais je trouverais !

Voilà l’article entier que je consacre à cette expérience : 

Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !

Laisser un commentaire