Visiter Cotonou par soi même

Cotonou et ses alentours, avec toutes ses facettes

Au contraire de ce qu’on pourrait croire, Cotonou n’est pas la capitale du Bénin, qui est toujours Porto Novo, malgré que les institutions aient toutes démangées à Cotonou.

Cotonou est officiellement la capitale économique du Bénin, mais son nom aussi est trompeur, il n’a rien à voir avec le coton dont le pays est le premier exportateur d’Afrique.

Cotonou vient en fait de Ku To Nu signifiant “l’embouchure du fleuve de la mort” en Fon, une langue très répandu de ce côté de l’Afrique. Le nom n’est pas lié au passé de marchands d’esclaves de la ville, puisqu’il est bien plus ancien.

Porte du Non-Retour et Mémorial du Jubilé

Porte du Non-Retour

Si il y a bien un lieu très connu des touristes au Bénin, c’est bien la porte du Non-Retour, construite sur la plage près de Ouidah, afin de rendre hommage aux millions de prisonniers réduits à l’esclavage, qui ont été envoyés partout dans le monde durant la traite négrière.

Ce monument est au centre des activités touristiques au Bénin, et rare sont ceux qui ne reviennent pas avec une photo d’eux devant le monument.

La porte du Non Retour au Bénin

Le mémorial du Jubilé 

En revanche on parle très peu du mémorial situé à une centaine de mètres de la porte, construit pour célébrer les 150 ans d’arrivée de l’évangélisme par 2 missionnaires Espagnols.

Ce monument est pourtant tout aussi important pour comprendre l’histoire du Bénin depuis la colonisation jusqu’à son indépendance, mais curieusement on trouve la Porte du Non-Retour absolument de partout, mais il est très dur d’entendre parler de ce monument qui se trouve juste à côté.

C’est étrange, mais j’ai remarqué que les touristes avaient une attirance presque malsaine pour l’histoire de l’esclavagisme, les visites touristiques autour de ce thème sont d’ailleurs les plus prisées, et il n’est pas rare de voir les touristes faire des selfies devant ces lieux chargés d’histoires.

J’ai parfois l’impression de voir des cosmonautes américains visiter le drapeau qu’ils ont plantés sur la lune.

Je comprend que l’on puisse être attiré par une histoire aussi importante pour l’Afrique et le monde en général, mais je ne comprends pas qu’on ne se focalise que sur ça et qu’on y prenne autant de plaisir, je pense qu’il est plus important de se tourner vers l’avenir, découvrir tout ce que peut offrir le Bénin d’aujourd’hui, ainsi que ses habitants, et ne pas rester bloqué sur le passé de ces pays.

 

 

Le mémorial du Jubilé au Bénin

C’est donc sur cette philosophie que j’aimerais vous faire découvrir les magnifiques plages sur lesquelles sont construites ces mémoriaux. Des plages de sables magnifiques où les bateaux de pêcheurs sont entreposés sur plusieurs dizaines de kilomètres, en attente de sortir pêcher avec leur capitaine.

La route des pêches au Bénin

La route des pêches

La “route des pêches” est une toute petite piste qui longe le littoral entre Ouidah et Cotonou, cette piste est sur le point de disparaitre, alors que plusieurs centaines de mètres ont déjà disparu dans la mer suite aux pompages de sable abusifs sur la côte, ce qui força une partie des pêcheurs à abandonner leurs maisons.

Aujourd’hui le Bénin tente de sauvegarder le littoral en protégeant le sable, vous découvrirais donc probablement quelques chantiers sur le littoral . La piste est bonne la plupart du temps, mais sans 4×4 on risque parfois de s’y enfoncer. J’ai tout de même réussi à aller jusqu’au bout avec mon Kangoo en roulant vite dans les passages compliqués.

On peut croiser beaucoup de petits villages de pêcheurs sur la piste, mais attendez vous à choquer les locaux, qui n’ont pas l’habitude de voir beaucoup de touristes dans ce coin.

La route des pêches au Bénin

Cotonou

Le marché de Dantokpa

Comment parler de Cotonou sans évoquer le marché de Dantokpa?

Il est connu pour être le marché à ciel ouvert le plus grand de l’Afrique de l’Ouest, mais j’ai l’impression que tout le monde se vante d’avoir le plus grand marché, en effet le marché Kejetia à Kumasi, au Ghana était aussi connu pour être le plus grand d’Afrique de l’Ouest.

Mais de vous à moi, pour avoir vu les 2 marchés de mes propres yeux, je pense que celui de Kejetia est beaucoup plus gros que celui de Dantokpa.

Le nom de Dantokpa signifie “sur les bords de la lagune de Dan”, Dan est une divinité très populaire qui prend la forme du serpent, et qui représente (grossièrement) la continuité de la vie.

 

 

Le marché de Dantokpa à Cotonou

Le marché est vraiment très beau, ses vieux bâtiments mettent très bien en valeur les innombrables couleurs qui peuplent le marché.

Juste devant le bâtiment principal, les locaux débarquent sans répits en bateaux avec leurs marchandises, créant un mouvement perpétuel qui fourmille au loin depuis le pont.

C’est de ce même pont que je peux voir le quartier de Ségbeya, qui signifie  “le destin à mis terme à la misère”.

Signification très étonnante quand on se rend compte qu’une partie du quartier est une énorme décharge publique, où même les éboueurs de la ville viennent y décharger leurs détritus qui finissent évidemment dans la rivière.

Ces mêmes détritus qui tâche le bleu-vert de la lagune, d’un marron presque insultant, dont on ne veut pas deviner l’origine.

C’est d’ailleurs de ce côté là de la lagune que je vois les locaux travailler à l’aide de leurs barques, souvent en transportant leurs marchandises d’un bout à l’autre du quartier.

Mais il est évident que dans le quartier, les plus pauvres sont les plus proches de la lagune, leurs maisons tiennent à peine debout et ils ne peuvent pas sortir de chez eux sans mettre les pieds dans les ordures.

On peut distinguer aussi quelques petites cases fabriquées avec le strict minimum, ce sont enfaite des toilettes pour le quartier, qui se résument à un trou qui donne directement dans la rivière.

C’est une triste scène que visiblement beaucoup de touristes oublient de raconter, puisque le pont est souvent emprunté par les voyageurs pour la vue qu’il offre.

C’est pourtant une scène fréquente en Afrique, pour faire disparaitre les détritus des plus riches, on a aucun remord à les déverser dans le quartier des plus pauvres, qui eux-mêmes ne disposent pas de services des déchets, et se retrouvent à entasser aussi leurs déchets sur cette montagne nocive qui fait désormais partie du quartier.

Mais évidemment, on trouve aussi de quoi s’émerveiller sur ce pont, on y voit beaucoup de locaux, parfois très jeunes, dans de toutes petites barques et naviguant à travers lagunes en luttant contre le courant pour atteindre l’autre rive.

Je vois aussi juste en bas un pêcheur Béninois sur sa barque entrain de pêcher, espérant que Mamy Watta, déesse de l’eau, soit en sa faveur aujourd’hui.

Les pêcheurs de Cotonou

Mais ce qui m’a marqué ce sont ces énormes bateaux, à côté desquelles les locaux semblent si petits !

De l’autre côté du pont, on trouve de nombreuses petites boutiques ou stands, où l’on peut trouver absolument de tout, tant qu’on prend le temps d’y jeter un œil.

J’y ai d’ailleurs fait quelques courses, j’avais besoin de riz, de pâtes et de légumes pour cuisiner dans le Kangoo.

Au milieu de tout ça des femmes déambulent, avec des paniers remplis de sacs d’eau fraîche sur la tête, une marchandise très prisée par les travailleurs suants sous la chaleur du soleil, qui ne disent pas non à un peu fraîcheur.

Les Zémidjans de Cotonou

J’ai une grande passion pour les publicités sur les panneaux publicitaires en Afrique, c’est tellement un mariage étrange dont personne ne veut, entre les locaux et les publicités des marques occidentales.

En plus on pourrait penser que ces produits ont un prix raisonnable par rapport au niveau de vie ici, mais pas du tout, le bidon de Mir sur la pub vaut 3250 cfa, soit 5€. Il est donc réservé à une certaine classe des habitants de la ville.

Le marché de Dantokpa à Cotonou

Les Zémidjans

Qui signifie en fon : “emmène moi vite”, ce sont des motards qu’on reconnait par leurs t-shirts jaunes, ce sont des taxis-mans officiels, qui payent leurs impôts et disposent d’un vrai statut de travailleur, lui accordant certains avantages.

Ils sont très différents des motards non officiels qui travaillent uniquement de leurs côtés, mais attention, leurs prix ne sont pas fixes pour autant quand ils rencontrent un étranger, ne vous faites pas avoir !

Ils sont d’ailleurs parfois embêtants, ils ont cette habitude de s’arrêter devant vous quand ils vous repèrent, et de vous siffler ou vous appeler, ça l’est encore plus lorsqu’ils s’arrêtent littéralement devant vous, vous obligeant à les contourner et marcher sur la route.

Mais lorsqu’on en a besoin et qu’on connait les prix, ils s’avèrent être très utiles pour se déplacer, tout en sachant que vous montez sur la moto d’un taxi officiel.

Rencontres

En me rendant à la banque j’ai croisé le chemin de ces hommes, l’un d’eux vend des paires de lunettes en bord de route. Ils discutaient à l’ombre du parasol et m’ont appelé au loin.

J’ai beaucoup discuté avec eux, c’était des personnes très accueillantes et très curieuses de savoir ce que je venais faire dans ce coin. C’est quelque chose auquel on s’habitue quand on voyage en Afrique, 15 minutes de route à pieds se transforment vite en une après midi, on est souvent amené à faire un brin de causette avec les locaux qui sont toujours très heureux de rencontrer un étranger.

Tentative de vol

En 10 mois passé en Afrique, à dormir tous les jours dans ma voiture, les tentatives de vol se sont faites très rares, au contraire de ce qu’on a voulu me faire croire avant de partir, mais l’une d’entre elles m’est arrivé à Cotonou.

C’était sur le fameux pont dont je parle beaucoup dans cet article, un jeune Béninois avec qui je discutais et qui m’a paru fort sympathique, s’est alors mit à me montrer quelque chose du doigt, j’ai cherché ce qu’il souhaitait me dire de son Français un peu approximatif, mais je n’ai pas tarder à comprendre qu’il mettait la main sur le téléphone qui dépassait de ma poche.

C’est une technique que je connais très bien, elle est utilisée partout dans le monde et c’est la base de la magie, distraire le regard.

Je l’ai alors repoussé et je lui ai dis de partir. Mais rien de tout ça ne s’est fait dans la violence ou les insultes, c’était juste un jeune Béninois qui a tenté quelque chose de stupide.

Ça ne signifie pas qu’il faut développer une parano quand on se balade en Afrique, personnellement je me balade toujours avec mon gros appareil photo en bandoulière, que je n’hésite pas à prêter quand je m’amuse à prendre des photos avec les locaux. Et personne n’a jamais essayé de me le voler, que ce soit ici ou en Asie.

C’est juste une anecdote parmi tant d’autres, mais il m’est arrivé bien pire en Espagne, si proche de chez nous.

Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !

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