Accident Mauritanie

Accident de Carter au milieu du désert Mauritanien

Bon, alors pour commencer je devais me rendre à Ouadane depuis Chinguetti, les 2 anciennes villes sont séparées de 130km mais cette route est très mauvaise, avant ça je prend Kattav en stop, il est de Ouadane, en déplacement à Chinguetti et aimerais rentrer, on s’est rencontré au magasin et le hasard fait que c’est la direction que je prends.

Toute la route pour Ouadane est en terre, le passage des 4×4 créé des lignes dans la terre qui font vibrer sévèrement la voiture, le seul moyen de ne pas les sentir c’est de rouler vite, c’est ce que j’ai fais pour arriver à Chinguetti, les 20 derniers kilomètres était aussi comme ça. Vous voyez la douille venir?

Mais à la différence de la route pour Chinguetti, celle de Ouadane est coupée fréquemment par des rivières maintenant sèches mais qui laisse un gros nid de poule au milieu de la route. Là vous voyez où je veux en venir.

Bref vous vous en doutez, je me prend un de ces nids de poules que je n’avais pas vu, la voiture prend un gros choc mais ça a l’air d’aller. Astuce que j’ai eu plus tard : on peut prévoir les rivières en regardant les arbres, quand il y a des arbres qui poussent autour de la rivière quand elle n’est pas sèche.

Une vingtaine de kilomètres plus loin on croise un camion transportant le gaz qui s’est arrêté et prépare à manger avec le thé, Kattav me dit qu’on peut s’arrêter et se joindre à eux, c’est comme ça ici.

Accident en plein milieu du désert Mauritanie

Après avoir bien mangé et pris un bon thé, on retourne vers la voiture mais Kattav trouve des traces sur le sol, c’est de l’huile, et ceux qui s’y connaisse un minimum en mécanique savent que c’est le pire liquide qui peut fuir de la voiture, car sans huile on ne peut pas rouler sans risquer de casser le moteur. Et vu la perte d’huile il ne doit plus me rester grand chose dans le carter.

On discute donc avec les chauffeur du camion qui veulent bien nous transporter jusqu’à Ouadane, très peu de gens utilisent cette route alors c’était une bonne occasion.

Accident en plein milieu du désert Mauritanie

Le camion me faisait beaucoup rire avec ses bonbonnes de gaz sur le point de tomber.

Accident en plein milieu du désert Mauritanie

Une fois à Ouadane Mohammed (un des chauffeurs) propose une solution pour colmater la casse, il utilise du joint à tuyau et de la colle, je dois alors attendre le lendemain matin pour voir le résultat, les chauffeurs m’ont laissé le thé, c’est ainsi je dors dans la voiture près de l’auberge du village.

Accident en plein milieu du désert Mauritanie

Le lendemain matin on met un peu d’huile pour vérifier si le colmatage tient, et non ça ne tient pas, s’en suit une longue, très longue discussion avec beaucoup de monde pour savoir quoi faire, chacun proposant quelque chose à des prix parfois exagéré (quand t’es dans la merde tu attire toujours les vautours), en tout cas ici je ne pourrais pas changer le carter, il n’y a presque rien dans ce village, je suis à 200km d’Atar, le seul endroit où je peux trouver un bon garage.

Finalement j’opte pour une soudure, je me dis que c’est ce qui a le plus de chance de tenir jusqu’à Atar où je pourrais changer le carter, pour ça je dois enlever le carter, je m’y met vers midi mais ce modèle de Kangoo a fait en sorte que ce soit une opération très compliqué, finalement avec l’aide du soudeur on arrive à le retirer vers 20h…

Accident en plein milieu du désert Mauritanie

Le lendemain matin il me dit qu’il ne peut pas souder, le carter s’abîme lorsqu’il essai, il veut alors poser une plaque et des rivets et me demande si ça me va. Es ce que j’ai le choix?

C’est donc ce qu’il fait, on réinstalle le carter, ce qui n’est pas plus simple que l’enlever, on met l’huile et ça tient !

Accident en plein milieu du désert Mauritanie

Je pars sur le coup des 17h au couché du soleil et je roule très doucement pour éviter que les secousses créé une fuite.

Je m’arrête vérifier de temps en temps et c’est au bout de 50km que je trouve une fuite… A ce moment là, pile à ce moment j’ai eu un énorme maux de tête, le résultat de 2 jours de stress, d’efforts et d’embrouilles.

Je m’arrête donc sur le côté de la route en attendant que quelqu’un passe, accompagné de cet horrible mal de tête, mais au moins le ciel étoilé était dingue, je suis à 50km du village le plus proche, il n’y a aucune pollution lumineuse, je n’en avait pas vu d’aussi beau depuis des années.

Accident en plein milieu du désert Mauritanie

Finalement au bout de 3h d’attente je tombe sur quelqu’un vers 21h, il me ramène à Ouadane pour dormir, on revient le lendemain avec son 4×4 et on tracte la voiture jusqu’à Atar, hors de question de retourner à Ouadane avec la voiture, la seule solution c’est Atar !

On fait donc toute la route en faisant une pause à l’ombre de la voiture pour prendre le thé.

 

Il me tracte donc sur 130km jusqu’à Atar et me dépose dans un garage où je rencontre Mohammed (le chef mécano), Elceik et Kori (jeunes mécanos), pendant ce temps Kattav m’aide avec ses contacts à Nouakchott pour me trouver un carter et l’envoyer aussitôt à Atar.

Me voilà donc coincé à Atar jusqu’à ce que le Carter arrive, ça prendra probablement plusieurs jours, je devrais dormir dans la voiture, sans électricité, très peu de bouffe et d’eau, je suis fatigué, un poil déprimé, bref l’idée ne m’enchante pas mais je n’ai pas le choix.

Accident en plein milieu du désert Mauritanie

Elceik me propose de dormir chez lui, il parle très peu Français mais Kori connait quelques mots et traduit pour lui, j’accepte volontiers, je suis même soulagé.

Le soir je me rend chez eux, son oncle est couché sur un tapis face à une petite télé dans la cour, il y a aussi sa mère et sa sœur ainsi qu’un autre oncle, ils sont tous d’un accueil incroyable, tout de suite on me donne un Boubou, j’ai pu beaucoup parler avec l’oncle qui parlait bien Français, il a fait la marine dans sa jeunesse et avait beaucoup voyagé mais la famille n’est pas riche, ils sont dans la moyenne et en Mauritanie ça veut dire qu’ils vivent avec très peu.

Accident en plein milieu du désert Mauritanie

Plus tard on sort se balader et voir ses amis, les gens mangent dans un grand plat autour duquel tout le monde s’accroupi et mangent avec les mains, ils me demandent tous de venir manger avec eux. Voilà d’ailleurs une photo où j’apprends à manger avec les mains, c’est un retour au source, je trouve même que ça donne encore plus de goût mais j’en fous partout ! C’est Elceik qui prend la photo.

Accident en plein milieu du désert Mauritanie

Ensuite on passe devant des femmes qui font le henné d’une autre à la frontale dans la nuit, c’est impressionnant à voir, c’est visiblement beaucoup de travail, et elles m’expliquent qu’une fois fini il faut porter des gants pendant 24h, elles m’autorisent à prendre la main en photo.

Je passe une soirée géniale, je rencontre beaucoup de personnes, j’oublie mes problèmes avec la voiture et je découvre la culture locale de l’intérieur, bref ça me fait beaucoup de bien !

Accident au milieu du désert Mauritanien

Et on finit par dormir dehors comme ils le font, sur des matelas juste sous le ciel étoilé.

Accident au milieu du désert Mauritanien

Le lendemain je pars avec Elceik au garage, je patiente toute la journée pendant que lui travail, le carter n’arrive toujours pas, il faut que je dorme encore ici, je veux pas déranger Elceik ce soir encore, il m’a déjà dépanné la veille ! Pourtant je n’ai qu’une envie, c’est de repasser la même soirée qu’hier, c’était parfait.

En partant Elceik se retourne, me regarde et me dis “Alors tu viens?” comme si il était évident que ce soir encore je dormirais chez eux, il a failli me faire pleurer. J’ai eu l’impression d’avoir une famille à Atar.

Accident au milieu du désert Mauritanien

On repasse la même soirée, beaucoup de rencontres et de rigolades, ça fait beaucoup rire la mère de Kori quand je me brûle en attrapant le riz dans le plat avec les mains, mes petites mains fragiles d’Européen.

Accident au milieu du désert Mauritanien

Le lendemain le carter arrive enfin l’après midi, je vais le chercher à une agence de transport, mais lorsque j’arrive au garage je me rend compte que ce n’est pas le bon carter… L’homme à Nouakchott s’est planté et c’est encore une douche froide pour moi, la 3ème si je ne me trompe pas.

Accident au milieu du désert Mauritanien

Enfin je vois le bout !

Mais je persévère, je rappel Kattav, on galère un peu mais finalement je renvoie le mauvais carter, une fois réceptionné le mec à Nouakchott m’enverra le bon, ça prendra encore deux jours à ne rien faire, patienter en cherchant l’ombre du soleil pour ne pas cuire, ça me fait beaucoup travailler ma patience !

Finalement le bon carter arrive ! Il ne faudra que quelques heures pour enfin le changer et que je puisse partir ! Quel soulagement !

Il est déjà tard, Mohammed rentre et demande à Elceik de m’accompagner jusqu’au distributeur pour que je puisse retirer et payer Mohammed par l’intermédiaire d’Elceik, malheureusement le distributeur ne fonctionne pas ! Je dis alors à Elceik de prendre mon passeport en garantie pour ce soir, je viendrais le payer demain, il me répond “Non non, moi confiance en toi, toi et moi comme frère”, à ce moment là j’était au bout, je n’arrivais pas à en finir avec cette histoire, mais ces paroles là m’ont quand même fait sourire, elles m’ont même chamboulé…

C’est tout naturellement que je me pointe le lendemain après midi au garage pour payer ce que je dois et pouvoir enfin partir ! Sur la route je reçois beaucoup d’appel de gens que j’ai rencontré au garage et qui me souhaitent un bon départ.

En tout j’ai passé 4 jours dans le garage à regarder Elceik et Kori travailler, j’ai discuté avec les hommes qui sont venus faire réparer leurs voitures, j’ai mangé avec eux, j’ai dormir chez Elceik mais… Je n’en garde pas du tout un mauvais souvenir, les galères font partie du voyage et cette expérience m’a permis de rencontrer beaucoup de monde, de vivre parmi les locaux, d’avoir une expérience tout à fait différente, et en plus de ça j’ai beaucoup appris, car j’ai compris que j’aurais dû faire transporter la voiture à Atar directement, c’était plus cher que les solutions que me proposais les habitants mais au final j’aurais beaucoup économisé. De toute façon peu importe ce qu’il arrive, tant que la santé va bien, le reste ce n’est pas grave et il est dur de se plaindre d’avoir perdu du temps et de l’argent avec sa voiture quand très peu de Mauritanien de mon âge ont la chance d’en avoir une.

J’aimerais m’arrêter sur le portrait d’Elceik, c’est un garçon…je veux dire un homme incroyable, il n’a que 19 ans, son oncle ne pouvant plus se déplacer il travaille pour toute sa famille, parfois jusqu’à l’épuisement, un jour où il a eu beaucoup de travail, on est rentré ensemble chez lui, il s’est allongé et s’est assoupi dans les 2 minutes suivantes, sa sœur et sa mère était au petit soin avec lui pendant son sommeil. Mais ce qui m’a surtout marqué c’est sa pureté, un diamant brut, il me rappel Sangoku qui est d’une bonté naturel et qui parle aussi vite qu’il pense.

Depuis que je voyage j’ai rencontré beaucoup de monde, beaucoup de personnes incroyables, mais ce jeune homme là, se place directement dans les personnes les plus incroyables que j’ai rencontrées, il m’a énormément aidé durant cette semaine où c’était très dur mentalement et ça aurait pu l’être aussi physiquement sans son aide, et ça je ne l’oublierais jamais.

En partant il me demande si je repasserais par le Mauritanie avant de rentrer en France, j’ai du mal à lui expliquer que je fais le tour du continent, mais je lui explique que je reviendrais un jour, c’est sûr.

Je reviens d'un voyage d'un an à moto en Asie, prochaine étape l'Afrique en C15 !

4 commentaires

  • MADEC

    bonjour Guilhem

    à 77 ans j’ai pas mal “galéré” en Afrique surtout ( 12 années !) entre autres :
    au Sahara ,plusieurs tonneaux avec une simca 1100 d’occasion ,retour en France avec la voiture en vrac ,sans phare remplacés par des piles ! sans pare brise en décembre ! sans filtre donc glaçons dans le carbu ! etc
    au sud Algérien ,en panne ,les villageois super sympas ont tout fait pour nous aider ;
    idem au sud Tunisien ,échappement explosé ,un gars fait avec nous 120 kms pour trouver un vieux poste à souder ,et nous fais une soudure d’artiste !
    idem au Gabon ,en forêt ,embourbé jusqu’au plancher ,après deux heures de marche ,je fais venir une partie du village ,dans la rigolade ,tous couvert de boue ,avec une boite d’allumettes et une boite de lessive ils étaient heureux !
    bref ,et tant et tant et tant d’autre mésaventures qui crées de vrais contacts humains et balaient vite nos préjugés ridicules ;si les beaufs voyageaient de cette façon ,ils seraient moins racistes ……
    bravo pour tes articles ,continues ,fonce ,jamais tu ne le regrettera ,au contraire tu n’auras qu’une envie à ton retour ;c’est RE PARTIR !
    actuellement depuis 8 ans je suis au Cambodge ,gens adorables mais différents moi j’ai laissé une partie de mon coeur en Afrique ,que les ignorants qui ne l’ont pas connue dénigrent …avec leurs certitudes ;
    BRAVO L’AMI CONTINUE
    jACQUES

  • The-Wild-Trip

    Merci beaucoup, je me reconnais beaucoup dans ce que tu as vécus et ce que tu dis je suis vraiment d’accord, je suis heureux que vous l’ayez vécu et que vous connaissiez ces personnes incroyables qu’on peut rencontrer sur le continent. Merci pour ton commentaire ça fait chaud au cœur et c’est très motivant !

  • JEAN-PHILIPPE OLIVER

    salut,bon courage c’est dans les galères que les souvenirs restes à jamais.
    pas trop galère le passage des frontières?.
    je prévois l’Afrique pour 2021 en moto.

  • The-Wild-Trip

    Oui c’est exactement ça ! Pour moi les galères font totalement partie du voyage.
    Un petit peu oui mais je suis parti sans CDP, avec ce serait beaucoup plus simple, tu peux le faire sans problème et je te le conseille ! Si tu as besoin de conseils n’héiste pas à m’envoyer un message !

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